Amalgames.

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La tragédie qui a frappé la rédaction de Charlie Hebdo ainsi que ceux qui la protégeaient est innommable. Je serais incapable de trouver des mots pour en parler.

Ce dont je crois devoir parler, en revanche, c’est du traitement de cet événement dans le monde politique, les média et les réseaux sociaux.

Tout à l’heure, je me suis rendu à la minute de silence avec les élèves de mon École. Le Président, lors de son petit discours, nous a mis en garde contre les amalgames.

Évidemment. Il fallait s’y attendre. Mais quelle plus grosse insulte à nos amis musulmans !

Appeler à ne pas faire d’amalgame, c’est absurde, ça laisse penser qu’il y a bien un truc avec lequel on n’est pas à l’aise. Cela signifie en fait « On sait tous que c’est la faute des musulmans, mais faut pas le dire ». Pas d’amalgame, cela veut aussi dire « ne dites pas qu’ils sont musulmans ». Ils sont musulmans. Extrémistes. Et ce n’est pas un détail. Lire la suite

Je suis une brebis, pas un mouton !

20140512-131054.jpgMon dernier billet a donné lieu à plusieurs discussions parfois très enflammées, en ligne ou IRL, ayant mené à certaines accusations envers ma personne. J’ai entre autre appris que j’étais un nouveau riche bobo hypocrite — ce que je considère comme une bonne nouvelle pour mon portefeuille, j’en parlerai à mon banquier. Mais j’ai en outre été à mon sens injustement taxé de relativisme.

Et ça, ça m’agace.

Vivement. Lire la suite

Vers une position chrétienne sur l’homosexualité ?

Catéchisme de l'Eglise Catholiques, §2357-2359

Le débat sur le mariage homosexuel est loin, et tant mieux. Loin de moi l’idée de vouloir l’ouvrir de nouveau, mais force est de constater que même si nous avons passé l’année dernière à affirmer que nous n’étions pas homophobes, une bonne partie de mon entourage proche1 « n’aime pas les pédés ». Ne nous cachons pas derrière des périphrases, c’est un fait, dont la réalité me frappe presque tous les jours. Et c’est attristant, désolant, profondément blessant et véritablement inacceptable.

Il y a la position de l’Église sur l’homosexualité, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle compliquée, affirmant en substance que l’homosexualité est « contraire à la loi naturelle » et « ne saurait recevoir d’approbation en aucun cas », tout en ne condamnant pas les pêcheurs par la distinction2 entre personnes et actes (lire à ce sujet le très bon billet d’Incarnare sur Cahiers Libres). Il y a aussi cette partie des représentants de l’Eglise – laïcs comme religieux – qui suit la position de Philippe Ariño et sa thèse du fantasme de viol, ce qui me semble aberrant et extrêmement blessant pour les personnes homosexuelles. Lire la suite

Habemus sanctos papas !

Ça y’est : Ils sont saints !

Jean XXIII et Jean-Paul II ont été canonisés par le pape François ce matin, à Rome, en présence de Benoît XVI, de nombreux évêques et cardinaux, de nombreuses personnalités politiques et de plusieurs de mes amis.

Si je n’ai pas connu Jean XXIII, je me souviendrai toujours de mon émotion lors du décès de Jean-Paul II. J’avais 13 ans, et, tout seul devant la radio, je faisais brûler des cierges en priant pour ce pape qui avait tant compté pour mes parents. Lire la suite

Tous les mêmes

20140325-235022.jpg Je ne vais pas retracer tous les événements récents concernant les élections municipales, vous les connaissez. Mais certains points m’énervent, me révoltent, me désespèrent, et je voudrais y revenir.

Primo, la montée du FN, décrite comme LA grande peur, comme le retour du nazisme et du totalitarisme. Ceci n’est évidemment qu’une manœuvre politique pour ne pas voir la vérité en face et ne pas être obligé d’avouer que le gouvernement est incompétent tandis que l’UMP se désagrège en un amas informe de magouilles et de conflits d’intérêts internes. Lire la suite

Pour une véritable remise à plat de la fiscalité

La pensée occidentale moderne est profondément attachée à l’idée que nous travaillons pour gagner notre vie. Les impôts et les aides sociales sont ainsi perçus comme une redistribution, accessoire et associée à l’argent que nous gagnons en travaillant. Mais en y pensant bien, le schéma de pensée « je travaille pour obtenir un revenu me permettant de me nourrir, me loger et m’habiller » ne serait-il pas un peu biaisé ?

Une mendicité signe d'inégalités insupportables.

« Celui qui ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. »1

Quelle violence dans ces paroles, indéniablement. Mais que faire de ceux qui ne peuvent pas travailler ?  Les laissés-pour-compte de la société sont si nombreux … Les chiffres effarants du chômage ne cessent de nous le rappeler. Les malheureux qui n’ont pas ou plus droit à l’allocation chômage en sont réduits à demander des aides diverses et variées au milieu du maquis des centaines existantes, payant ainsi leur part d’impôt-temps, et subissant surtout la culpabilité de se sentir assistés. Car la plupart des personnes en situation de difficulté ne demandent pas leurs aides car veulent s’en sortir eux-mêmes, expliquent certaines assistantes sociales. Et le maquis des aides sociales françaises fait qu’aujourd’hui, certaines personnes n’ont plus droit à rien. Tels des Lazare des temps modernes, la société si riche malgré ses difficultés économiques les laisse crever sur le bord du chemin. Aujourd’hui, alors qu’on offre des iPads aux enfants pour promouvoir leur éducation, est-ce concevable d’abandonner à ce point les plus faibles de nos membres ? Car comme le rappelle St. Jean, « Si quelqu’un, jouissant des richesses du monde, voit son frère dans la nécessité et lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeurerait-il en lui ? »2 C’est inacceptable. Et les personnes en situation de difficultés ne se voient pas épargner les difficultés. Pour avancer des chiffres, on peut par exemple s’insurger contre un système ainsi fait que deux personnes touchant le RSA (434,91€ par mois) se déclarant concubins ne touchent plus que 623,38€ par mois, soit une perte sèche et totalement injustifiée de 28% pour le ménage, tandis que des ménages plus aisées seraient avantagées grâce au quotient conjugal. Une société qui aide plus les riches que les pauvres est forcément délétère, et l’action est indispensable. Lire la suite