L’autorité, mère de toute éducation au respect

J’avais commencé ce billet il y a très longtemps, je vous le livre aujourd’hui, car il me semble véritablement d’actualité.

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On ne compte plus les difficultés qu’éprouvent les enseignants à tenter d’exercer leur si noble métier. Même hors des ZEP, ou la situation est absolument catastrophique, les élèves n’obéissent plus, et les obliger à travailler est de plus en plus difficile, les simples armes que sont les mauvaises notes étant dorénavant enlevées aux enseignants. Ces derniers voient s’enchainer les méthodes pédagogiques les plus diverses cherchant en vain à résoudre le problème de la chute libre du niveau des élèves sans réellement l’affronter. Mais si les élèves n’obéissent pas, ne travaillent pas, ne respectent pas leur professeur, ce n’est même pas à cause de leur impunité due au sacrosaint respect des individualités (et à la hantise de la discrimination), mais tout simplement parce qu’ils ne savent pas obéir. L’obéissance en effet n’est pas une vertu innée, l’homme étant par nature seul maitre de sa raison. Son esprit ne se ploie donc que s’il reconnait l’intérêt qu’il a à cette subordination. Autrement dit, l’obéissance, comme le respect, cela s’apprend, et cela fait même partie intégrante de l’éducation.

Je ne pense pas être inconscient en affirmant qu’aujourd’hui, c’est même la chose la plus importante, la plus irremplaçable que doivent apprendre les parents à leurs enfants. Apprendre à marcher, parler est bien sûr indispensable mais n’est pas si difficile, peut se faire en dehors du cadre familial. En revanche, la réelle éducation des enfants nécessite de leur dire non, de leur opposer une résistance, de les décentrer d’eux mêmes. Cette éducation ne peut – et ne doit – en aucun cas être l’apanage des enseignants, mais bien être du ressort des parents. En effet, si les parents ne remplissent pas ce rôle pour de multiples raisons, alors les enseignants cherchent – pour pallier à leurs problèmes de tous les jours – à inculquer ces valeurs aux enfants. Cela ne peut être une solution aux vues de la relation conflictuelle qui s’instaure alors entre enseignant et enseigné, alors que l’affectivité reliant enfants et parents permet cette autorité sans que l’enfant ne se révolte, car il sait que ses parents l’aiment, le nourrissent et veulent son bien. Un des drames de notre société actuelle est en fait la perte de cette notion d’autorité naturelle des parents, au profit de la croyance que l’enfant sera plus heureux s’il est libre au sens consumériste du terme. Cette autorité fait comprendre à l’adulte en puissance qu’il ne peut faire ce qu’il veut. Ce qui fait de cette éducation les prémices de la tolérance et du respect. Cette autorité et ce non parental couplés à la bienveillance de parents aimants fait appel à une complémentarité de l’éducation, une complémentarité des parents. Lire la suite

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J’irai manifester dimanche

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Il y a quelque temps de cela, je vous faisais part de mon intérêt pour le sujet du Mariage pour tous, projet de loi du gouvernement, dont la célébrité n’est plus à mettre en cause. Je vous avais dit que j’envisageais de revenir sur le sujet ; c’est donc ce que je ferai ici. A cette époque-là, j’avais lu beaucoup de choses à ce propos, et j’ai continué à le faire, en recoupant toutes sortes d’arguments, très fondés pour la plupart, mais sans réellement me les approprier. Ces débats, ces dialogues, ces évènements, ces arguments, ont fait leur chemin dans ma tête, et j’ai pu finalement me forger ma propre réponse. N’attendez-pas que je cherche à convaincre qui que ce soit avec un arsenal d’arguments bétons, j’en serais bien incapable. Mais je vais essayer de transcrire ici le cheminement intellectuel qui m’a amené à prendre la décision d’aller à la manifestation de dimanche. En effet, je n’étais pas allé à celle du 17 novembre, et ce pour deux raisons, fils conducteurs de cet article. D’une part, je n’étais pas intimement persuadé de mon opposition au projet de loi, et de l’autre, l’idée de la manifestation ne me chantait guère. Commençons par le début.

Finalement, que les gays se marient, quelle importance ?

Je baigne dans un environnement catholique majoritairement hostile au mariage homo. A partir de là, j’ai entendu beaucoup de choses dans tous les sens, pour expliquer en quoi un couple homosexuel qui se marie, ce n’est pas une bonne chose, car transforme le mariage, les normes de la société, etc. Cela m’a satisfait un certain temps, ces arguments un peu tout fait me dispensant de me forger ma propre opinion. Mais en y réfléchissant, ce bouleversement un peu fin du monde style ne me semble pas si latent, et il faut reconnaitre que quand on a dit la même chose du Pacs, cela n’en a rien été. Et puis, au juste, là où j’en suis, qu’est ce que j’en ai à faire que des homos se marient devant M. le Maire pour se sentir acceptés par la société et se sentir égaux aux autres … S’ils en ressentent le besoin, qu’est-ce que cela peut me faire ? Si cela peut permettre d’aider des personnes qui ne se sentent pas toujours acceptées, voire pas toujours respectées, tant mieux, non ? Si ça bouleverse le mariage civil, au pire, qui y croit encore, au mariage civil ? Pour moi, il n’y a que le mariage religieux qui a du sens. A partir de là, finalement, j’aurais préféré m’en fiche que d’être contre. Au final, le mariage homo, ça ne me fait ni chaud ni froid. Lire la suite