Une tâche noire sur un tableau blanc

La tache

Introduction

Suite au débat sur le mariage pour tous, j’ai remarqué que la question fondamentale qui divise tout le monde est de savoir si les couples homosexuels et hétérosexuels sont équivalents. S’ils sont équivalents alors pourquoi refuser le mariage aux homosexuels ? Ma question se porte donc sur la définition du couple. Philippe Ariño dit qu’on demande aux homosexuels de singer le couple hétérosexuel. Pourquoi cela ? Il y a-t-il vraiment une différence entre le couple hétérosexuel et le couple homosexuel, en est-il un supérieur à l’autre, ou sont-ils assez différents pour avoir leur singularité propre ?

Le couple

Qu’est-ce qu’un couple ? Le dictionnaire donne la définition suivante : « ensemble d’un homme et d’une femme lié par le mariage ou par l’amour ». Dans notre contexte, cela pourrait être perçu comme faux, comme de l’inégalité, de l’homophobie… Changeons donc cette définition. Si l’on ne met que « ensemble de deux personnes » la définition est à peu près correcte mais pas satisfaisante car la particularité d’un couple c’est qu’il cherche à rester couple, un lien existe entre les deux personnes du couple. Donnons donc comme définition « ensemble de deux personnes qui cherchent à rester ensemble ». Mais là encore, la définition n’est pas satisfaisante, puisqu’alors, deux amis forment un couple. Ce qui lie un couple c’est l’amour, quoique. En effet, les humoristes nous rappellent assez ce moment crucial après la nuit où la femme pose la question de trop : « Tu m’aimes ? » Question à laquelle le garçon ne sait pas répondre, il ne sait pas s’il aime la fille avec qui il est en couple. Ceci bien sûr est un énorme cliché, mais comme tout cliché il contient une part de réalité : un couple n’est pas nécessairement un couple qui s’aime. Si on ne peut pas qualifier d’amour le lien qui unit deux personnes d’un couple, ce lien est donc au moins une attirance corporelle, parfois doublé d’un sentiment, en tout cas quelque chose d’assez fort, sinon, le couple ne tient pas, il casse. Donc un couple c’est « un ensemble de deux personnes attirées entre elles et désirant rester ensemble le plus longtemps possible ». Cela crée donc un lien particulier entre ces deux personnes, lien qui cimente la vie en couple.

Qu’est donc un couple homosexuel et un couple hétérosexuel ? Un couple homosexuel est un couple composé de deux personnes de même sexe (homo en grec veut dire même), et un couple hétérosexuel est un couple de personnes de sexe différent (hétéro vient aussi du grec désignant la différence). Il y a donc une différence primaire entre les couples homosexuels et hétérosexuels. De fait, s’il y a une différence de dénomination c’est bien à cause d’une différence préalable. Est-elle donc aussi subtile que la différence entre voir et écouter ? Ou assez marquée pour entrainer un besoin de différenciation dans les droits ?

Puisque nous sommes revenus sur la définition du couple, nous avons pu identifier que même cette définition n’est pas synonyme d’amour. Deux amis peuvent s’aimer plus qu’un couple. Quant au mariage, si l’on prend la pratique du mariage arrangé qui n’est pas révolue et qui n’est pas empêchée par les lois sur le mariage, on voit bien que le mariage n’a rien à voir avec l’amour. L’amour n’est pas une condition nécessaire pour se marier, l’amour n’est pas une condition nécessaire pour être en couple. On est en couple parce qu’on veut l’être, on arrête d’être en couple quand on veut. On se marie quand on veut se marier et on divorce quand on veut. Pas d’amour nécessaire, et la différence couple homo/couple hétéro n’est surement pas en lien avec l’amour. En revanche, que ce soit chez le couple homosexuel ou le couple hétérosexuel, le lien d’attraction dont nous avons parlé est bel et bien présent. Il y a une volonté de faire quelque chose en commun, quelque chose qui dépasse le simple stade d’amitié ou de juste coucher pour un soir. La question est de savoir si ce lien est une condition nécessaire et suffisante pour pouvoir se marier. Reprenons l’exemple du mariage arrangé, dans ce cas-là, il y a bel et ben un lien entre les époux, le but du mariage est alors de lier les deux familles, quel qu’en soit la raison. Les époux ont alors pour projet de rester unis le plus longtemps possible afin de garder ce lien entre les deux familles. Le lien, le projet est nécessaire dans un mariage et même dans un couple. Un couple sans lien n’est plus un couple, ce ne sont que deux électrons libres. Nous avons donc une condition nécessaire pour pouvoir se marier. Condition baptisée “amour” par les partisans du mariage gay, et au nom duquel ils réclament le mariage. Au fond, si je ne donne pas la même définition du mot “amour”, il semblerait que leur demande soit légitime, puisque ce lien est trait commun de tout couple. En ce cas il reste à prouver qu’il est suffisant pour pouvoir se marier.

Le mariage juridique

Pour cela, il faut revenir sur la définition du mariage et ses termes juridiques, ce pour quoi elle a été créée et ce à quoi elle sert. Une condition nécessaire est d’avoir 18 ans, sur ce, rien à dire. Au bon petit cours de Maitre Eolas : celui-ci dans un de ses billets rappelle ce qu’est juridiquement un mariage FRANÇAIS. C’est d’abord un contrat, passé entre les deux personnes du couple. Ce contrat, si conforme au lien entre les deux personnes du couple, il n’y a aucun problème pour se marier, de ce côté-là on est bon. Le mariage c’est aussi une institution, c’est-à-dire que la loi impose certaines conditions au mariage pour qu’il soit valide. Et fournit en plus une garantie de sécurité vis-à-vis de l’époux le plus faible (du point de vue de la santé ou de l’argent). Le mariage est une sécurité pour les deux conjoints. Donc concrètement, les conditions pour se marier sont en gros de vouloir se marier. Ca y est, je viens de démontrer que le mariage gay ne pose aucun problème juridique. Donc ça pourrait poser un problème moral, ou éthique. C’est pour ça qu’on traite les antis-mariage gay d’homophobes. Mais le mariage ne serait en fait qu’un autre nom pour couple avec quelques conséquences juridiques en plus, et comme le couple homosexuel est une réalité, que reste-t-il comme barrage au projet de loi ?

L’opposition nous parle du problème de la filiation. D’après la loi, l’acte de naissance ne contient qu’une paternité et une maternité. Celles-ci sont biologiques, ou reconnues, et ne peuvent être changées. Si le véritable père biologique se révèle après que l’enfant ait été reconnu par un autre homme, l’acte de naissance primera sur la vérité biologique. La nouvelle loi ne changera rien là-dessus, donc concrètement, un enfant aura toujours un père et une mère sur l’acte de naissance. Pas de soucis pour le mariage gay donc.

L’argument phare pour les antis est bien sur l’adoption. Maitre Eolas montre clairement que l’adoption n’est pas un souci, ou alors c’est une hypocrisie que de la laisser aux personnes de même sexe. En effet, l’adoption est déjà permise aux homosexuels, mais pas aux homosexuels en couple. L’adoption passe toujours par un jugement, et est prononcée par un tribunal. A quoi sert ce tribunal ? A voir si le cadre de vie sera le meilleur pour l’épanouissement de l’enfant. Pour cela la question est donc de savoir ce que sont “les meilleures conditions d’épanouissement pour un enfant”. C’est là que Maitre Eolas va un peu vite et conclut directement en disant que les antis ont tort.

L’épanouissement d’un enfant

Quittons donc le monde juridique pour arriver dans celui de la psychologie, de la psychanalyse, du bon sens et de la philosophie. Pour s’épanouir, un enfant a besoin d’amour, ça c’est du bon sens et je crois que tout le monde s’accorde là-dessus. De ce point de vue, un couple homosexuel peut apporter autant d’amour qu’un couple hétérosexuel. Un enfant a aussi besoin de sécurité, d’argent, bref d’un cadre de vie confortable où l’on peut répondre à tous ses besoins naturels. Là-dessus, je ne vois pas comment un couple homosexuel serait moins apte qu’un couple homosexuel à pourvoir à ces besoins.

Une rupture dans le couple parental est en revanche très perturbatrice chez l’enfant, cela signifie une brisure dans l’amour qu’il croyait stable entre ses parents. Concrètement, ça fait mal, et c’est compréhensible. Seulement il est impossible de prévoir la longévité d’un couple. Le couple homosexuel est dit (avec plus ou moins de fondement) moins stable que le couple hétérosexuel. Bon, et alors ? Ce n’est pas prouvé, des études, tout le monde sait bien qu’il n’y en a pas de vraiment plausible qui existe à ce jour. Donc cet argument ne convainc que la personne qui l’a émise. On ne peut pas refuser l’adoption à un couple homosexuel sous prétexte qu’il est plus probable qu’il casse. Et si justement celui-là tenait, ça existe aussi, et beaucoup ! Ça serait donc de la discrimination. Ainsi, le couple doit avoir un projet d’amour envers l’enfant, et une certaine capacité d’éducation.

Il serait aberrant de dire que la seule adoption suffit à remédier au problème d’un orphelin. Qui a déjà entendu parler d’une adoption facile ? Devenir orphelin est un passage de la vie extrêmement difficile, qui laisse des séquelles à vie. L’enfant est donc toujours à prendre en première considération lors d’une adoption. Et c’est pour cela que n’importe qui ne peut pas adopter, la loi se doit de protéger l’orphelin (et la veuve accessoirement). Or pour s’épanouir, un enfant a besoin aussi de repères, d’un cadre, d’une structure, de modèles. Ce n’est pas aider, ni aimer un enfant que de le laisser faire ce qu’il veut. Je pense notamment à l’adolescence, où l’enfant devient grand, il a les muscles, la puissance, la volonté, le corps d’un adulte, mais il n’a pas la colonne vertébrale de la maturité. C’est alors le dur rôle des parents que de se confronter à cet adolescent et de le porter pour que sa colonne vertébrale grandisse. Or cette colonne vertébrale se fait à la fois positivement et négativement. L’adolescent va se heurter à des choses nouvelles que l’innocence de l’enfance lui cachait. Il devra alors définir son identité, qui il est, qui il décide d’être, quelles sont ses motivations, quels rêves il décide de poursuivre, évaluer ce qui a le plus d’importance à ses yeux. L’adolescent (genre neutre) devra se définir en tant qu’homme ou femme, comme voulant être un homme ou être une femme. Ce choix crucial ne peut se faire qu’en ayant un exemple concret dans sa vie de tous les jours de ce qu’est un homme et une femme. Comment pouvoir faire un choix si on n’a que la moitié des cartes en main pour développer sa stratégie ? Donc là, il y a un problème majeur, une différenciation entre le couple homosexuel et le couple hétérosexuel : celle de ne pas pouvoir apporter cette référence à l’enfant. L’enfant n’a pas d’exemple concret de la vie de tous les jours d’un homme ou d’une femme (c’est selon). Je ne vois pas comment il pourrait se développer correctement ensuite, ou alors il y aura manque. Manque qu’il devra essayer de combler tant bien que mal. Or la loi ne peut pas laisser ce point au simple hasard. Tirons en les conclusions qui s’imposent : l’adoption ne devrait se faire que dans une famille composée d’un homme et d’une femme : on ne laisse pas au hasard ce choix de l’enfant qu’est son identité sexuelle. Or la loi sur l’adoption permet à tout couple marié de pouvoir adopter sous réserves des conditions sus-citées (et plus probablement). Donc je suis contre le mariage pour les couples homosexuels.

D’aucun me diront alors que l’enfant peut toujours trouver une référence chez un oncle, une tante, un professeur, un entraineur, un(e) ami(e), un grand-père, une grand-mère que sais-je ? La question est donc de savoir si en ce qui nous concerne, n’importe quel homme ou femme (selon le cas) convient. Je supposerai pour la suite que la référence manquante est masculine, le raisonnement étant identique dans l’autre cas. Quel est la différence entre un père, qui a ce titre là et un oncle qui vient souvent à la maison. La différence notoire est que l’enfant voit beaucoup plus le père que l’oncle. Même si c’est un papa qu’il ne voit qu’une semaine sur deux, c’est assez pour lui donner un tableau entier d’un homme dans sa vie de chaque instant. L’oncle en revanche, ne viendra pas quand il n’est pas d’humeur, ou pas assez souvent. C’est en termes de temps et de facettes que le père est si précieux. Certes, trouver une référence n’est pas impossible, et encore heureux, mais la loi ne peut pas laisser au hasard une telle recherche de ce qui construit un enfant. Ce serait créer une injustice envers certains enfants.

Conclusions

Alors Maitre Eolas me traiterait d’hypocrite, puisque la loi permet déjà aux homosexuels d’adopter, mais pas aux couples. En effet la loi permet aux personnes célibataires d’adopter, et les homosexuels peuvent déjà adopter, mais seulement, pas en couple. Le mariage leur ouvrirait donc cette voie et ne serait que continuation logique. D’où, ma seule façon de ne pas être hypocrite c’est de ne pas permettre aux célibataires de pouvoir adopter. Je serais logique jusqu’au bout : oui, je pense qu’on devrait changer la loi et interdire aux célibataires d’adopter. Et tant pis pour tous les « bien-pensants » qui diront que c’est injuste envers les célibataires qui ne le sont que juridiquement et qui vivent en concubinage depuis des années avec la même personne. Il faudrait faire un cas à part. Mais la loi française est telle qu’elle ne dissocie pas assez le mariage et l’adoption. Et donc, limitons d’abord la casse avant de tout réformer sur l’adoption.

Tiens c’est marrant, j’aurais envie de me traiter d’homophobe avec une conclusion pareille. Ça fait un peu comme si les homosexuels étaient un fléau qu’il fallait éviter à tout prix. C’est ce qu’on comprendrait si on ne lisait que cette conclusion, alors qu’on oublierait que le raisonnement se porte d’abord sur l’adolescent et ensuite sur le couple homosexuel. Est-ce que je dis que le couple homosexuel est moins bien ? Eh bien que d’un seul point de vue : celui de ne pas présenter à un enfant qu’il éduquerait toutes les chances pour devenir un adulte pleinement. Et ce quel que soit le couple. Je ne remets pas en cause leur désir d’avoir un enfant. Ce désir je le comprends, et le partage. Mais suffit-il de désirer quelque chose pour avoir le droit d’y avoir accès ? Surtout si cela nuit à plus petit que soit ? Non. Cela n’est pas suffisant. Du coup, pleins d’homosexuels (ou pas) vont me traiter quand même d’homophobes parce que je refuse de leur donner un droit qui nuirait à autrui. Ils veulent la protection d’un mariage ? Je ne suis pas contre, il suffirait de changer la PACS. Ils veulent la reconnaissance de leur amour, parce que socialement c’est comme ça que la société voit le mariage maintenant ? Changeons l’adoption et le mariage. Mais non, un enfant ne se développera pas mieux en moyenne chez un couple homosexuel.

Je ne reprendrais pas tous les arguments posés pour le reste. Celui-ci est assez convaincant il me semble. Sauf si vous considérez que la frustration des uns justifie les traumatismes des autres. Et j’exagère à peine. Ne pas pouvoir avoir d’enfants peut être une vraie douleur j’en conviens. Mais manquer à besoin essentiel durant son adolescence est pire encore. De plus, est-ce grave de ne pas pouvoir atteindre un but, fut-il le rêve de toute une vie ? Il y a mille manières de contourner cette barrière, avec un peu de créativité, tout passe.

Le seul contre argument potable restant serait de dire que l’éducation d’enfants par des couples de même sexe est une réalité et qu’il lui faut un cadre juridique pour la protéger. Je ne dis pas le contraire, créons un cadre juridique, mais ne laissons pas, s’il vous plait, se propager cette réalité, et ce au nom de la protection de l’enfant (cf. plus haut).

Je n’ai pas peur des homosexuels, ni n’ai-je une haine particulière envers eux ; ils ne font en réalité ni chaud ni froid. En revanche, me traiter d’homophobe parce que je prétends empêcher quelques homosexuels d’assouvir un désir profond et ce en raison d’un désir de protection du plus faible (à savoir l’enfant) ça c’est hypocrite, c’est le gorille qui se fait passer pour une fourmi !

Arpakshad

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8 commentaires sur “Une tâche noire sur un tableau blanc

  1. folbavard dit :

    Petite remarque Troll : quand les deux éléments sont différents on parle de couple, quand les deux éléments sont identiques, on parle de paire…

    • arpakshaad dit :

      T’as raison, mais d’une part deux êtres sont toujours singuliers, donc on pourrait te dire que deux hommes ou deux femmes sont différents. D’autre part la distinction n’apporte rien ici, et la dénomination « couple » est couramment utilisée pour les homosexuels comme pour les hétérosexuels. L’utilisation du mot « couple »est donc justifiée plutot que celui de « paire ». Et toc! 😛

      • folbavard dit :

        Je suis d’accord que deux êtres peuvent êtres singuliers, mais tout dépend les critères jugés pertinents… Donc on peut très bien considérer que le « couple » homosexuel est un abus de langage 😀 Mais je disais juste ça par provocation !

  2. arpakshaad dit :

    tkt j’avais compris, et moi aussi j’aime un petit coup de troll pour le fun une fois de temps en temps 😉
    Mais au fond je suis d’accord avec toi, mais cette distinction n’est juste pas assez universelle

  3. Non non, on ne joue pas comme ça avec les définitions des mots sinon ils ne veulent plus rien dire et on arrive à la Novelangue du politiquement correct. Il faut dire paire de lunette, paire de jumeaux. Les homosexuels sont des hommes comme les autres, je ne vois pas pourquoi ils devraient avoir des privilèges comparés aux autres. Le mariage entre un homme et une femme ne suppose en rien de leur sexualité.
    Et bien amusant sont ceux qui parlent d’égalité: où est l’égalité quand une paire sélectionne sont enfant ou son donneur alors que pour les couples, l’égalité est dans le hasard de la fécondation?
    la seule norme véritablement égale serait que tous les hommes soient le fruit du hasard. Cette loi nie cette donnée de départ pour aboutir à un Uniformisme des personnes.

    • arpakshaad dit :

      plusieurs choses :
      – j’ai pas trop compris votre problème avec les définitions. Je suis d’accord sur le fait de ne pas jouer, mais ce n’est pas ce qu’on fait là. Plusieurs mots ont plusieurs définitions. Je suis aussi d’accord avec le non enfermement dans le politiquement correct. En revanche, le mot couple est justifié dans le sens où même si l’on parle de paire pour deux objets qui se ressemblent, on parle de couple pour deux personnes adultes (ou adolescents) qui décident de vouloir faire un bout de chemin ensemble.
      -certes, pour l’instant le mariage est pour tout le monde avec un partenaire de sexe différent, et n’a rien a voir avec la sexualité, mais vous ne convaincez que vous avec ça.
      -si j’ai bien compris votre argument d’égalité, vous remarquez une hypocrisie d’une demande au nom de l’égalité qui créerai elle même une égalité. Votre argument cependant ne me semble pas assez justifié : que répondriez vous à quelqu’un qui vous dirait qu’un couple hétérosexuel pourrait faire la même chose et choisir aussi d’adopter, donc de choisir son enfant?

  4. Depuis quand on décide d’être un homme ou être une femme à l’adolescence ? Es-ce que les hommes qui n’ont jamais connu leur père sont plus efféminé que la moyenne ?
    Je pense que ça n’a strictement aucun rapport.
    Les références que l’on s’approprie durant sa vie sont très large. Et même si les parents en font partie, ils ne sont pas les seuls. Et le genre n’a rien avoir la dedans. Il n’y a pas besoin d’être un couple hétéro pour apprendre a son enfant a respecter les autres, et a bien se comporter.
    Mais a vous lire, on dirait qu’un enfant doit absolument voir un papa assis devant la télé a boire de la bière, pendant que maman s’occupe de la cuisine, pour qu’il se développe normalement…

    • arpakshaad dit :

      Je n’ai donc été qu’à moitié clair et m’en excuse.
      Je ne parle pas de respect, et de ce coté là, je suis d’accord avec vous, un couple homo est aussi bien (et parfois mieux) capable d’enseigner le respect d’autrui.
      Il s’agit ici de l’identification propre de l’enfant. Si l’on ne choisit pas froidement si l’on devient homme ou femme en s’asseyant dans un fauteuil et décidant « je suis une femme », il y a quand même un peu quelque chose de ça en chacun. Chacun a fini par dire « je suis homo », « je suis hétéro », « je suis un homme », « je suis une femme », et ce plus ou moins clair. mais si l’on parle de « coming out » c’est parce qu’il se définie par opposition, que la personne choisit d’être homosexuel. Si j’utilise le mot choix, c’est pour mettre un mot sur quelque chose qui tient souvent de la psychologie, du subconscient.
      Je ne dis pas que les hommes qui n’ont jamais connus leurs pères sont plus efféminés que la moyenne. Je dis ,en fait, que la donnée est inégale en matière de choix par rapport à celui qui a un père; que donc leur adolescence, le moment où ils cherchent à se définir, s’ils n’ont pas toutes les cartes en main, il y a plus de chances que des troubles appariassent. Ce n’est pas une histoire d’efféminisation, mais une histoire de stabilité probable intérieur. Vous connaissez surement des gens qui n’ont pas connus un de leur parents et qui vont très bien. Tant mieux, on restera d’accord; je n’aurais pas dit le contraire, juste que d’autres n’auront pas forcément eu cette chance.

      « Les références que l’on s’approprie durant sa vie sont très large. Et même si les parents en font partie, ils ne sont pas les seuls » je suis parfaitement d’accord avec vous seulement j’accorde une plus grosse importance à la référence parentale du fait qu’elle vient même avant la conscience d’un Homme, avant son premier souvenir, est donc presque inconsciente et donc d’une importance capitale.

      « Mais a vous lire, on dirait qu’un enfant doit absolument voir un papa assis devant la télé a boire de la bière, pendant que maman s’occupe de la cuisine, pour qu’il se développe normalement… » J’ai mal dû m’exprimer car ma vision du couple hétéro sexuel est à mille lieux de celle là. J’estime le père à l’Homme qu’il est et la mère à l’Homme qu’elle est (la majuscule désigne bien sûr ici le genre humain). Ce sont ces deux personnes dans leur réalité complexe qui font d’eux aussi un père et une mère. En d’autres termes, un père est plus qu’un glandeur qui boit des bières, et une mère est plus qu’une cuisinière. C’est par les qualités et les défauts de ses parents que l’enfant pourra se définir. Par exemple c’est en regardant l’éducation que mes parents m’ont donné que je sais que je voudrais le imiter en certains points, mais en d’autres je serai différents parce que ce n’est pas ma conception de l’éducation. Je supposais seulement qu’en écrivant « père » et « mère » vous comprendriez des êtres dans toute leur complexité.

      J’espère avoir répondu à vos question et avoir été clair,
      bonne réflexion

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