Merci Benoît

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Tu t’en vas. Humblement, sans bruit, mis à part celui de ton papacoptère. Sans rechercher outre mesure le tapage médiatique. Tu t’en vas comme tu étais venu, en laissant à Dieu toute la place. Tu as su être à la fois prêtre, prophète et chef d’État, philosophe, théologien et père.

Prêtre, car tu n’as jamais dévié d’un pouce de ta mission première : être serviteur du Christ.

Prophète, car à ta manière, par tes sermons, tes audiences, tes motu proprio, tes exhortations apostoliques et tes encycliques tu n’as jamais cessé de témoigner de la Bonne Nouvelle.

Chef d’État, car tu les as tous rencontrés, les puissants de ce monde. En audience privée, tu as pu partager avec eux sur tous les sujets qui te tenait à cœur. Tu n’as pas hésité à donner ton avis sur leurs actions, sur les guerres, les lois, les expulsions … Tu as su faire de la politique au service de l’Homme, et donner un exemple sur ce terrain aussi, alors même que tu l’abhorres. Ton humilité et ta sagesse, les deux qualités indispensable d’un homme politique faisant preuve d’abnégation, sont pour tous un modèle.

Philosophe, tu as justement fait preuve de sagesse en toutes actions, sachant bien que les polémiques stériles n’empêcheraient pas les hommes de bonne volonté d’entendre et de comprendre ton message.

Théologien, car tu n’as pas délaissé ton travail de toute une vie, celui d’approfondir notre foi, de l’enraciner dans le Christ. Ton travail exceptionnel sur le rapport entre foi et raison apporte une réponse au scientisme latent de notre société.

Et enfin, tu n’as pas cessé à tout instant de te montrer père. Saint père. De ton engagement pour les Roms à tes efforts persévérants pour tenter de retrouver nos frères de la Fraternité de St. Pie X en passant par ton accueil chaleureux de millions de jeunes à Cologne, Sydney et Madrid, tu as cherché à partager les joies, les souffrances et les questionnements de tes brebis. Et tu n’as pas cessé de nous assurer de tes prières.

Pour tout cela, je veux te remercier. Depuis 2005, le monde a changé, et moi aussi. Depuis 2005, tu m’as fait grandir dans la foi et l’intelligence. J’ai passé de nombreuses heures à réfléchir sur tes écrits. Je suis allé te voir à Paris, je t’ai écouté à Madrid. Et aujourd’hui, malgré le sentiment d’abandon qui m’habite, je sens tout ce que tu as apporté au monde, tout ce que tu m’as apporté. Alors oui, je ne suis pas le premier à te rendre hommage, et ce que j’ai dit, d’autres l’ont mieux dit que moi. Mais je ne pouvais pas ne pas te dire merci, du fond de mon cœur. La manière dont tu as conduit ce pontificat a été pour moi parfaitement en phase avec ce dont j’avais besoin. Je m’identifie donc véritablement dans la génération Benoît XVI. Et aujourd’hui, alors qu’un successeur va arriver sur le siège de Pierre, je sais que, m’accompagnant de l’état d’enfant à celui d’adulte, tu m’as donné l’essentiel : la foi.

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