La science face à son Créateur

9782357201132L’origine des lois qui régissent l’univers intéresse particulièrement le monde scientifique. Et manque de bol, leur origine est la même que celle de l’univers, ce qui pousse les chercheurs à s’interroger sur l’existence de Dieu. La question n’est aujourd’hui plus seulement “comment ?”, mais aussi “pourquoi ?”. C’est du moins ce qu’affirme José Rodrigues dos Santos dans La Formule de Dieu, roman portugais paru en France en 2012. Cet ouvrage de 700 pages est, disons-le franchement, dénué de toute beauté stylistique. Les différents personnages qui s’entretiennent avec le héros racontent les mêmes anecdotes, en utilisant les mêmes tournures, que l’on retrouve parfois d’une page sur l’autre. Mais l’intrigue est intéressante et rebondissante, et les théories scientifiques parfois fumeuses donnent cependant à réfléchir. Pour le déroulement de l’intrigue, je vais vous la faire courte, parce que je n’ai pas le talent pour raconter des histoires.

Avertissement : A partir de maintenant, cet article spoile sans vergogne, parce que de toutes façons son but n’est pas de vous donner envie de lire le bouquin, non mais ho.

Tomàs Noronha est un proctologue cryptologue et historien portugais, qui se fait embaucher par l’Iran pour déchiffrer un manuscrit posthume d’Einstein, et inédit parce que sinon c’est pas drôle. Un certain professeur Siza le détenait, et les Iraniens l’ont entendu dire à ses collègues physiciens pendant un congrès international que ce manuscrit, qu’il s’apprêtait à divulguer, allait faire l’effet d’une bombe. Sauf que les salafistes Iraniens l’ont pris au mot, et sont persuadés que ce manuscrit, intitulé La Formule de Dieu, permet de construire une bombe nucléaire facilement, et surtout discrètement, ce qui éviterait de se faire zlataner la tronche par les pays démocratiques environnant, tels la France, les Etats-Unis ou la Corée du Nord, qui pourraient ne pas aimer qu’un pays comme l’Iran fabrique la bombe. Une équipe d’Iraniens se pointe donc chez le docteur et l’enlève pour avoir tout le loisir de l’interroger tranquillement avec des méthodes bien à eux. Sauf que le pauvre homme qui n’a évidemment jamais entendu parler de projet atomique ne peut pas en inventer, et finit par clamser. Bien emmerdés, ils arrêtent donc de jouer à “Nous avons les moyens de vous faire parler” avec le mort, et embauchent donc le professeur Noronha, à l’aide d’Ariana, une jeune femme, canon, évidemment. Au fur et à mesure de son enquête, passant par les bureaux de la CIA, les geôles iraniennes, les monastères bouddhistes au fin fond du Tibet, les lits d’hôpital et les universités portugaises, il se rend compte que le manuscrit s’attache en fait à démontrer l’existence de Dieu, ce qui se fait à travers l’invocation de nombreuses théories scientifiques.

En passant, l’auteur nous bombarde d’interprétations personnelles des lois de la physique, telle une relecture de l’expérience d’Alain Aspect en 1982 établissant l’existence de photons intriqués. En très très gros, les photons ne choisissent que au moment où ils sont observés la polarisation qu’ils vont avoir (s’il vibrent dans une direction ou une autre). Si on crée des photons identiques, qu’on les envoie dans deux directions différentes et qu’on les observe en même temps à un grande distance, ils choisiront tous les deux la même polarisation. Ils ‘communiquent instantanément’, pourrait-on dire. L’auteur interprète cette bizarrerie quantique comme le fait que la nature serait en fait un tout indivisible. Que les photons ne seraient pas deux entités distinctes. C’est fumeux, ça ne tient pas deux minutes, il n’en parle plus après, mais c’était rigolo, il faut croire …

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Comprenne qui pourra

Revenons à nos chatons moutons. Pour démontrer l’existence de Dieu, Einstein s’est intéressé aux Ecritures Saintes de différentes religions ou écoles de pensée comme le judaïsme, le bouddhisme, le taoïsme, l’hindouisme ou le dadaïsme, à la recherche d’éléments vérifiés par la science qui ne pouvaient pas être connus à l’époque de la rédaction des manuscrits. Par exemple, il utilise le verset 4 du psaume 89 “A tes yeux, mille ans sont comme hier […]” pour faire intervenir la relativité restreinte, laquelle explique que chaque duplication de la taille de l’univers – qui est perpétuellement en expansion depuis le Big Bang – accélère le temps d’un facteur deux. En effet, d’après le premier principe de la thermodynamique, l’énergie du système se conserve, et d’après Einstein elle équivaut à la masse car E=mc². La masse de l’univers, inchangée, était donc au début concentrée en un point, la gravité était donc plus forte, le temps s’écoulait donc plus lentement d’après la relativité restreinte. CQFD.

L’Einstein de dos Santos en déduit alors que les 6 jours de création de la Terre (en enlevant le 7ième, bien sûr) correspondent réellement aux milliards d’années qui séparent la création des étoiles, des planètes, de l’atmosphère, des mers, des jours et des nuits avec l’atmosphère, de l’apparition de la vie, etc. Le premier jour biblique aurait donc duré 8 milliards d’années, le second 4, le troisième deux, le quatrième un, le cinquième 500 millions d’années, le sixième 250 millions d’années, le total faisant 15 millions d’années ce qui correspond à l’âge de l’univers estimé aujourd’hui. Et chaque étape vers la création de la vie correspondrait.

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Pour aller plus loin  dans sa pseudo-démonstration, l’auteur discute du principe anthropique, théorie développée en particulier par Brandon Carter en 1974 indiquant que l’univers est formé d’une manière particulière de manière à pouvoir accueillir la vie. Dos Santos va jusqu’à donner la précision de certaines valeurs des constantes physiques permettant l’apparition de la vie évoluée. Il explique par exemple que l’énergie du Big Bang ne pouvait pas varier de plus de 10^-120 en relatif pour que l’univers puisse accueillir la vie. Si, si. De même, il explique que la constante de gravitation, l’orbite de la terre, la force forte, etc. devaient avoir des valeurs très particulières, avec une marge de manœuvre de l’ordre de 1%, pour réunir les conditions nécessaires pour accueillir la vie. Affirmant que toutes ces conditions sont réunies, on multiplie donc les probabilités pour obtenir la probabilité que l’univers donne naissance à l’Homme, ce qui donnerait selon dos Santos une probabilité inférieure à 10^-200, soit que dalle, et que donc l’univers a forcément été créé pour engendrer la vie. Donc qu’il y a un créateur qui savait ce qu’il faisait. On est en plein dans Descartes et dans Voltaire, d’ailleurs.

“L’univers m’embarrasse, et je ne puis songer
Que cette horloge existe et n’ait point d’horloger.” – Voltaire, Les Cabales

Donc, avec des concepts scientifiques détournés de leur juste interprétation, dos Santos tente de justifier ce que chacun peut deviner en regardant la complexité et la beauté de la nature. Et le héros, quand on lui débite cela, ne fait que répéter “C’est incroyable”, en boucle. Bravo. Champion, mon gars. Mais attendez de voir la suite, c’est mieux.

Par la bouche de l’assistant de feu le docteur Siza, l’auteur nous explique ensuite la “preuve finale”, qui repose sur le déterminisme, fait que chaque action que nous entreprenons est déterminée par une infinité de facteurs minuscules, imperceptibles, mais déterminants. Toute action est la conséquence d’une cause, du mouvement des atomes jusqu’à l’action humaine, et de cause à conséquence on en arrive au Big Bang, qui a seul déterminé absolument toute la suite des actions qui amèneraient Zidane à mettre un coup de boule à Materazzi (si, si, c’est l’exemple employé dans le bouquin).  Alors par le théorème d’incomplétude de Gödel1 en maths et par le principe d’incertitude d’Heisenberg2 en physique, on se rend compte que tout est déterminé, bien qu’indéterminable.

Que c’est indéterminable, c’est aussi ce que montre la théorie du chaos, qu’on peut illustrer pour les néophytes – ce n’est pas péjoratif, hein – par les prévisions météo : Si Météo France foire ses prévisions, ce n’est pas parce que ce sont des fumistes, mais parce qu’un écart presque imperceptible de conditions initiales produit au bout d’un certain temps (quelques jours dans le cas de la météo) des effets très différents. Et ainsi de n’importe quelle action. Aussi petit soit l’écart entre deux conditions initiales d’un système, si l’on attend suffisamment longtemps, les effets seront antagonistes. Et donc finalement, nous ne savons pas ce qui va se passer, nous ne sommes pas capables de le prévoir, mais c’est déjà déterminé. Evidemment, vous comprenez bien que cela se heurte à la question de la liberté humaine. Nous nous refusons à accepter le déterminisme, que nous comprenons comme une atteinte à notre liberté. Et c’est là que dos Santos donne une réponse intelligente : cela correspond tout à fait à la capacité humaine d’accepter que Dieu soit omniscient : il sait ce que nous allons choisir, mais nous sommes cependant libre du choix que nous faisons. Ce qui nous amène à l’explication par dos Santos que Dieu est l’univers. Et c’est tout à fait la vision qu’ont la plupart des religions. La religion chrétienne y ajoute la bonté de Dieu, et plus encore, mais l’idée originale, originelle, est là.

Si l’univers a été déterminé avec exactitude de façon à créer la vie évoluée, et que le Big Bang a déterminé toute la suite de l’Histoire, il est alors nécessaire que ce Big Bang ne soit pas le fruit du hasard. Il est donc l’œuvre d’une entité supérieure, intelligente. Selon l’auteur, on a donc démontré l’existence de Dieu en tant que Grand Horloger de l’univers. Et dos Santos aurait du pu s’arrêter là.

Mais ce n’est pas fini. Et à partir de maintenant, c’est toujours fumeux, mais c’est plus du tabac. Jusque-là, il s’agissait d’invoquer des lois scientifiques pour en déduire des choses. Mais là, le journaliste-écrivain-reporter de guerre-présentateur télé (sic!) ne carbure plus seulement qu’au Ricard. Il a préalablement expliqué que d’après le second principe de la thermodynamique, l’entropie – le désordre – de l’univers ne pouvait qu’augmenter, elle avait forcément été minimale un jour et ne pourrait être infinie, donc que l’univers devrait un jour disparaitre ou du moins être immobile. Cela prouverait l’existence d’un Big Bang, mais aussi d’un Big Crunch, une sorte de Big Bang inversé, quand la force de gravitation attirera tout l’univers pour créer un agglomérat de matière qui s’effondrerait sous l’effet de la gravité en écrasant les atomes qui deviendraient une soupe de quarks, etc., soit exactement l’inverse du Big Bang.

Le brave José Rodrigues dos Santos part ensuite du fait que tout est déterminé pour expliquer que l’être humain n’est rien d’autre qu’un superordinateur, que les neurones ne sont rien d’autres que des processeurs, et que donc les progrès de l’informatique finiront par créer des intelligences supérieures à l’hommes, qui pourront partir dans l’espace se reproduire en recréant d’autres ordis à partir des matières premières qu’ils trouveront sur d’autres planètes pour faire subsister l’intelligence humaine quand la vie fondée sur le carbone (nous, donc) ne sera plus possible sur Terre, ni même ailleurs, et qu’en s’étendant, cette super-intelligence ayant colonisé tout l’univers soit capable de tout organiser pour que, le Big Crunch venu, cette matière redevenue énergie pure soit mise dans les conditions exactes de l’apparition nouvelle de la vie. Pour recréer à nouveau l’univers avec un nouveau Big Bang, en une réincarnation de l’univers. Dieu, ce serait donc cette intelligence humaine ayant colonisé l’univers précédent, en une théorie cycliste cyclique de l’univers. Cela me rappelle une théorie physique – non citée dans le bouquin, pour le coup – qui explique que s’il on envoie une bombe sur une maison, ils existe une probabilité non nulle pour qu’en explosant, les débris retombant recréent exactement la maison originale. Et si ce n’est pas le cas, en attendant suffisamment longtemps, elle sera un jour reconstituée exactement.Et de même pour une planète, ou tout l’univers. C’est plus ou moins cette théorie cycliste de l’univers, mais c’est juste de la probabilité. Alors que dos Santos veut nous faire croire que c’est absolument déterminé.

Pour finir avec les théories du bouquin, je méga-spoile : la formule de Dieu, dont la quête motive tout le bouquin, c’est simplement le mot de Dieu, la phrase créatrice, l’ordre de création de l’univers, c’est bien évidemment Fiat Lux, c’est la lumière, l’énergie pure, c’est le Big Bang. Un peu cousu de fil blanc, quand même, mais bon. Après n’allez pas non plus croire que je n’ai pas aimé le bouquin. Un roman policier sympathique doublé de références scientifiques sérieuses dans l’ensemble, bien documenté, ça me plait. Et il soulève des interrogations.

Alors si vous êtes arrivés jusque-là, vous vous demandez peut-être si l’on peut faire la part des choses entre ce qui est fumeux et ce qui ne l’est pas, ce qui démontre quelque chose, ce qui est probable ou ce qui n’est que simples élucubrations. Je me contenterai de faire quelques remarques :

  • Au fur et à mesure que la science avance, on n’arrive jamais à quelque chose qui puisse infirmer l’existence de Dieu. Si tous les phénomènes physiques ont un sens, qu’il est possible de ne pas croire aux miracles, nul ne sait comment est né l’univers, comment les lois universelles se sont établies. En effet les lois sont universelles et donc immuables : la vitesse de la lumière ou la constante de gravitations ne peuvent varier. Alors comment ont-elles été établies ? Pourquoi ont-elles pris cette valeur précise et pas une autre ? Comment à l’instant même de la création de l’univers peuvent se créer des lois qui seront immuables jusqu’à la fin des temps ?
  • Les textes sacrés, en particulier la Genèse, n’ont jamais pu être réellement disqualifiés par la science. Si la chronologie relativiste invoquée par dos Santos semble totalement capilotractée, il n’en reste pas moins vrai que les Anciens avaient établi un ordre de création des éléments qui correspond avec ce qu’on sait aujourd’hui, pourvu qu’on n’en fasse pas une lecture psychorigide (Ami créationniste, si tu m’entends …)
  • On dit souvent que la science s’attache à répondre à la question “comment ?”, tandis que la religion répond à la question “pourquoi ?”. Mais quand il s’agit de la Création, il est vrai que la religion a cherché à répondre aux interrogations des hommes quand à la façon dont l’univers s’est construit, et que la science, en cherchant l’origine des lois, est confrontée à la question de savoir si tout est vraiment dû au hasard. Ces questionnements me semblent donc avoir une véritable légitimité. Et c’est justement le propre de Dieu : nous laisser en état de douter, sans pouvoir trancher. C’est cela qui permet la foi, seule chose que nous avons pour résister au péché originel, finalement.

En conclusion, si ce bouquin soulève des questions sur l’origine de l’univers de manière assez sympa, il n’est pas le premier à faire, et atteint à peu près le niveau de rigueur scientifique d’un ouvrage des frères Bogdanov, ce qui n’est pas mal pour un roman, même si hautement fantaisiste d’un point de vue scientifique.

Quand à la question de savoir si Einstein s’est réellement penché sur la question,  m’est d’avis qu’il avait d’autres chats de Schrödinger à fouetter.

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Pardon. Oui, j’ai honte.


1. Le théorème d’incomplétude de Gödel démontre que les mathématiques ne peuvent pas se démontrer, plus précisément qu’il existe des assertions qui sont vraies mais ne peuvent pas être démontrées. [←]

2. Le principe d’incertitude d’Heisenberg explique que l’on ne peut connaitre à la fois la vitesse et la position d’une particule avec une grande précision. Si l’on détermine la position très précisément, on a alors une très grande incertitude sur la vitesse. En fait, toute mesure perturbe le système.  [←]

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5 commentaires sur “La science face à son Créateur

  1. Yogi dit :

    Intéressante recension, merci !

    Je ne sais pas si c’est par intérêt romanesque, mais Dos Santos fait visiblement l’impasse sur les progrès scientifiques du dernier demi-siècle 🙂

    Déjà, la probabilité de « 10^-200 » d’avoir un univers qui puisse engendrer la vie ne pose pas nécessairement de problème dans le cadre d’un univers cyclique : si celui-ci, de Big Bang en Big Crunch et retour, a l’éternité devant lui pour essayer toutes sortes de combinaisons possibles, il peut parfaitement tomber sur une version « bio-compatible ».
    Mais ceci dit comme les mesures semblent montrer aujourd’hui que l’expansion de l’univers s’accélère, le scénario du Big Crunch et de l’univers cyclique a sérieusement du plomb dans l’aile.

    La voie de la fluctuation du vide paraît plus prometteuse : en mécanique quantique le « vide » n’est jamais vide mais oscille en permanence entre la présence et l’absence de particules. En appliquant ces lois aux tous premiers instants de l’univers, quand il était à une échelle quantique, on obtient un surgissement spontané et pour ainsi dire obligatoire de l’univers (de sa matière) à partir du vide. Comme d’autre part les dernières mesures de l’accélération de l’expansion de l’univers donnent celle-ci exactement égale (et de sens contraire) à la force de gravitation, on obtiendrait une énergie totale de zéro : c’est ce à quoi on pourrait s’attendre dans le cas d’un univers strictement surgi du vide et strictement équivalent au vide.

    Dans un tel modèle de génération spontanée d’univers, rien ne s’oppose à ce que certains possèdent des caractéristiques permettant l’apparition de la vie.

    Mais bon tout cela restera longtemps encore très spéculatif 🙂

    Sur un autre sujet, je ne suis pas trop sûr à vous lire de la position de Dos Santos sur l’omniscience divine et le libre arbitre humain, lesquels paraissent foncièrement incompatibles. Il ne peut y avoir de “libre arbitre” face à un créateur omniscient qui connaît le moindre acte de chacune de ses créatures avant même que celles-ci n’existent, et avant même de les créer. Il n’y a pas plus de liberté pour l’homme face à Dieu que pour l’horloge face à l’horloger.

    Mieux même, un Dieu créateur omniscient est nécessairement l’organisateur et le décideur de tous les événements de sa Création. Ainsi Dieu sait de tout temps que Mr X tuera et violera, et il le crée en toute connaissance de cause. Personne ne force Dieu à créer Mr X. Ses crimes font partie du plan divin, puisque Dieu les voit, les connaît avant même que l’humanité n’existe, et qu’il choisit de créer le monde où sévit Mr X. Le monde ne fait que se dérouler conformément au plan connu de Dieu, et donc établi par Dieu, avant même que nous n’existions. Je n’invente rien en disant cela, je ne fais que décrire ce que signifie “créateur omniscient”.

    La barbarie et les souffrances qui grèvent le monde ont donc été voulues et planifiées par Dieu avant même la création de l’humanité, ou sinon c’est qu’il n’est pas Omniscient. Ou qu’il n’est pas Créateur. Ou qu’il n’est pas Bon. Mais en tous cas les trois à la fois ne sont pas compatibles.

    Enfin pour en revenir au roman, si l’on suit Dos Santos Einstein cachait bien son jeu lorsqu’il déclarait « Le mot Dieu n’est pour moi rien de plus que l’expression et le produit des faiblesses humaines, la Bible un recueil de légendes, honorables mais primitives et qui restent néanmoins assez puériles. » 😉

  2. jjdandrault dit :

    Bonsoir,
    Tout d’abord merci pour votre commentaire, j’ai appris pas mal de choses. Vous confirmez donc ce que j’avais intuité, par manque de connaissances scientifiques, que dos Santos interprète ce qu’il veut en occultant ce qu’il veut. Il utilise les mêmes exemples tout au long du roman, ce qui va dans ce sens de la malhonnêteté intellectuelle.

    Pour la démonstration du fait que Dieu ne peut être bon et omniscient, dos Santos la fait justement dans son bouquin pour s’intéresser seulement au Dieu créateur, en disant que le côté bon, se révélant avec l’humanité est une aberration.

    Cette ‘démonstration’ somme toutes assez simpliste soulève un problème bien plus compliqué, voir par exemple ici : http://deshautsetdebats.wordpress.com/2010/02/03/si-dieu-existe-pourquoi-le-mal/ (Je n’ai pas eu le temps de tout lire mais je me porte garant du sérieux du blog, sinon il ne serait pas dans ma blogroll !)

    Et pour la citation d’Einstein, il est vrai que ce dernier ne croyait pas au Dieu de la Bible. Après, sur l’existence d’un Horloger … Nul ne sait ! 🙂

    • Yogi dit :

      Il y aurait beaucoup à dire sur l’article de blog, riche et touffu en effet, que vous pointez, mais au global il me semble développer l’argument habituel selon lequel « le mal est la résultante du péché permis par la liberté octroyée aux Hommes », sans traiter du sujet de fond qui est que l’omniscience divine exclut de fait toute possibilité de liberté humaine.

  3. lore dit :

    Bonjour à tous, merci pour ce site, très bon pour réfléchir!
    J’ai terminé il y a quelques jours la formule de Dieu. en bonne petite souris naïve et ignare de sciences, j’ai trouvé l’histoire romanesque pas extraordinaire mais les questions scientifiques qu’il soulève très intéressantes. Comme je ne suis pas que stupide, je me suis bien doutée que Dos Santos n’était pas scientifique et qu’il pouvait donc y avoir des approximations scientifiques. Mais j’ai trouvé au moins au bouquin le mérite de m’expliquer une nouvelle fois ce qu’était la physique quantique, de me faire découvrir le principe de l’incomplétude, les théorèmes du chaos, de l’incertitude… De me faire entrevoir l’idée de gravite, d’espace et de temps, la relativité.
    Bref, bien qu’ayant été à l’école au delà de la 5ème, je n’avais encore pas découvert, compris tout celà. dès le bouquin fini, je me suis empressée d’aller trouver les amis scientifiques, en vrai ou sur le net, pour en savoir plus, vérifier les trucs, creuser, comprendre un peu mieux.

    Ce que je veux dire en résumé c’est que c’est un roman. Ce n’est pas un article scientifique. C’est un roman qui aborde des données scientifiques et permet au lecteur non spécialiste d’entrer par une petite porte, simpliste, mais à sa petite échelle et de creuser ensuite. C’est déjà pas si mal. Moi, j’y ai cru au début à ses développements, avec circonspection, avant d’aller « vérifier » et creuser. Vous pourriez discuter son sérieux scientifique pour nous apprendre, et non pas pour témoigner du fait que ce guignol de Dos Santos a interprété ci comme çà ou çà comme ci. Parce que le guignol dans l’histoire, c’est moi. L’ignorant qui voulait juste en savoir un peu plus.

    En plus bref… Je suis vexée!!!

    Merci pour vos écrits,
    Marie

    • jjdandrault dit :

      Bonjour !
      Vous avez tout à fait raison. Mon article a pris le parti de l’angle de la critique facon raison pure, mais j’ai moi-même découvert beaucoup de choses en lisant ce livre. En aucun cas je n’ai voulu critiquer le fait de vouloir faire de la vulgarisation scientifique dans un roman. Ma critique, peut-être mal formulée, portait sur ce flou laissé volontairement sur ce qui est veritablement scientifique et ce qui ne l’est pas … quoique cela fournisse au lecteur sa propre enquête policière pour dêméler le vrai du faux !

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