Vers une position chrétienne sur l’homosexualité ?

Catéchisme de l'Eglise Catholiques, §2357-2359

Le débat sur le mariage homosexuel est loin, et tant mieux. Loin de moi l’idée de vouloir l’ouvrir de nouveau, mais force est de constater que même si nous avons passé l’année dernière à affirmer que nous n’étions pas homophobes, une bonne partie de mon entourage proche1 « n’aime pas les pédés ». Ne nous cachons pas derrière des périphrases, c’est un fait, dont la réalité me frappe presque tous les jours. Et c’est attristant, désolant, profondément blessant et véritablement inacceptable.

Il y a la position de l’Église sur l’homosexualité, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle compliquée, affirmant en substance que l’homosexualité est « contraire à la loi naturelle » et « ne saurait recevoir d’approbation en aucun cas », tout en ne condamnant pas les pêcheurs par la distinction2 entre personnes et actes (lire à ce sujet le très bon billet d’Incarnare sur Cahiers Libres). Il y a aussi cette partie des représentants de l’Eglise – laïcs comme religieux – qui suit la position de Philippe Ariño et sa thèse du fantasme de viol, ce qui me semble aberrant et extrêmement blessant pour les personnes homosexuelles.

L’Église n’a pas de modèle de société à proposer.

– St. Jean-Paul II, in Centesimus Annus, 1991

Je voudrais avancer quelques idées pour essayer de trouver des pistes vers une position qui me semblerait véritablement catholique sur l’homosexualité, qui soit donc en accord avec le Magistère, soit qui concilie les textes – donc le Catéchisme de l’Église Catholique – et la charité.

Je partirai donc du postulat qu’effectivement, l’acte homosexuel est « intrinsèquement désordonné »3, et saurait donc être considéré comme un péché. Ce qui pour moi ne dit pas pour autant que ce soit très grave. C’est d’ailleurs le point de départ de ma réflexion, laquelle n’est qu’une humble tentative de m’approcher de la Vérité. Je souhaite ne blesser personne et j’espère que si c’était quand même le cas, vous saurez me pardonner.

La question que je voudrais poser est la suivante : contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, l’Église ne préférerait-elle pas un couple homosexuel cherchant la stabilité et la fidélité dans le mariage à un couple hétéro infidèle ? Plus prosaïquement : Quel péché est le plus grave ? Que l’acte homosexuel soit considéré comme un péché est-il une raison pour se considérer plus saint que les personnes homosexuelles ? Ne commettons-nous pas tous les jours des péchés autrement plus graves aux yeux de Dieu ? C’est encore l’histoire de la paille et la poutre, finalement … Et puis qui sommes-nous pour juger ? Qui sommes-nous pour croire que l’homosexualité mérite le nom d’« abomination » ?

Je ne sors pas ça de nulle part ; prenons par exemple Matthieu 11, 20-24 :

Alors Jésus se mit à faire des reproches aux villes où avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas converties :

« […] Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu’au ciel ? Non, tu descendras jusqu’au séjour des morts ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, cette ville serait encore là aujourd’hui.

Aussi, je vous le déclare : au jour du Jugement, le pays de Sodome sera traité moins sévèrement que toi. »

Selon les paroles même du Christ, il est de facto bien plus grave de manquer de foi, d’espérance et de charité alors que nous avons tant reçu. L’homophobie n’est-elle donc pas finalement un péché bien plus grave que l’acte homosexuel ? Haïr et mépriser son prochain pour une chose qu’il n’a pas choisie, n’est-ce pas la pire des injustices ? N’est-ce pas opposé en tout point au commandement du Christ « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé » ?

Quand je vois cette connaissance préparer son mariage avec un autre homme, je ne peux m’empêcher de penser que ce couple se rapprochera de la sainteté en s’assumant et en affirmant ainsi sa volonté d’être fidèle. Car le Catéchisme le déclare avec force, « Les personnes homosexuelles […] peuvent et doivent se rapprocher, graduellement et résolument, de la perfection chrétienne. »4 Le couple auquel je pense n’est pas croyant, d’ailleurs. Mais qu’ils le soient où non, « ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie »5. Alors tant qu’à faire, qu’ils s’engagent et soient fidèles, non ?

Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ?

– Pape François, in l’Avion des JMJ, 2013

D’ailleurs, la scission entre les Évêques à la Conférence des Évêques de France dont parlent les médias ne serait-elle pas simplement à chercher là, plutôt que dans une supposée querelle quant à la loi Taubira ? Peut-être n’est-ce qu’une discussion sur le sens des priorités ? Car le chômage et la pauvreté sont des maux probablement bien plus graves et bien plus répandus, contre lesquels il s’agit également de lutter…

Néanmoins, il est important de noter que si le Catéchisme accorde un article à la question, cela reste assez peu, et la réponse du magistère sur ce sujet n’est pas aboutie. Car l’étiquette « intrinsèquement désordonné » fait beaucoup  de mal, et ce depuis trop longtemps. Il reste beaucoup à faire du côté de l’Église, non pour faire volte-face dans un sens ou dans un autre comme certains le voudraient, mais pour approfondir sa réflexion et proposer des pistes au plus près de la réalité vécues par les personnes homosexuelles, surtout celles qui souhaitent vivre l’Évangile en communion avec l’Église. En effet, demander à ces personnes de vivre dans l’abstinence sans leur donner une direction, un chemin pour progresser si elles le souhaitent vers cet objectif de sainteté, c’est un peu rude.

D’ailleurs, ce qui est demandé aux personnes homosexuelles est identique à ce qui est requis chez les divorcés. Le parallèle a ceci d’intéressant que l’acceptation chez les catholiques des personnes divorcées dans leurs communautés paroissiale est assez récente, remonte à une quarantaine d’année, en fait. J’ose croire que c’est la preuve qu’un changement de mentalité est possible qui fasse bientôt réellement, dans le quotidien des communautés chrétiennes, la distinction que demande le magistère.

Pour terminer, il me semble fondamental de rappeler que les situations individuelles sont tellement variées qu’il est beaucoup trop fallacieux de porter des jugements généraux. Car la plupart des gens ne connaissent de l’homosexualité que des préjugés aussi grossiers que peu répandus… Non, les homosexuels ne sont pas tous des Rimbaud ni des Descoing, et beaucoup souffrent en particulier de ces stigmatisations et de ces préjugés alors qu’ils aspirent à une vie authentique, saine, fidèle, sincère et désintéressée. Comme les hétéros. Comme tout le monde.

Et si on leur donnait cette chance ?

Solidarité

PS : Un immense merci à ceux qui m’ont aidé dans l’élaboration de cet article. Ils se reconnaîtront.


  1. et je pense une partie des sympathisants de LMPT, pour situer le problème à un niveau plus universel. []
  2. que certains jugent hypocrite, tant la dissociation d’une personne de son attirance pour des personnes de même sexe est impossible, et dissocier cela des éventuels actes homosexuels est un peu artificiel. En tout cas, c’est compliqué et très délicat.  []
  3. Catéchisme de l’Église Catholique, §2357 []
  4. Catéchisme de l’Église Catholique, §2359 []
  5. Catéchisme de l’Église Catholique, §2358 []
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13 commentaires sur “Vers une position chrétienne sur l’homosexualité ?

  1. lcommelui dit :

    Cher Jean-Joseph,

    Je vous remercie pour tout l’intérêt que vous nous portez et merci aussi pour la clarté du texte dans lequel on suit bien le cheminement du raisonnement.
    L’avis décrit ici sera certainement partagé par un grand nombre de personnes homo mais j’aimerai toutefois vous dire qu’en tant que chrétienne d’abord (ça, ça fait parti de mon identité contrairement à l’homosexualité), que je suis très extrêmement peinée de voir de l’homophobie parmi les anti-mariage-gay qui souvent défendent de bonnes valeurs mais avec de mauvaises raisons (ou en n’oubliant que c’est en premier par amour que Dieu condamne le péché).
    Mais j’aimerai que vous sachiez quand même que cette homophobie là (indifférence, paresse de chercher plus loin), on la retrouve aussi symétriquement chez les personnes pro-gay (voir de manière plus accentuée). Vous n’imaginez pas à quel point je me suis sentie blessée par l’ignorance de beaucoup de gens sur l’homosexualité et de leur tolérance vite faite qui déborde d »une société égoïste et indifférente.

    « Mais pourquoi tu ne décides-tu pas d’assumer ton homosexualité ? ». Malgré les bonnes intentions, encore aujourd’hui, je n’arrive pas à m’y faire. C’est comme si cette personne ne comprenais rien, ne comprenais pas dans quelle impasse je serai plongée si « j’assumais » vraiment, dans quelle déprime, je me foutrais. Parce que je les entends moi, ces filles ne plus savoir qui elles sont et ce, malgré tous les efforts à vouloir « s’assumer ». Je les entends ces lesbiennes « joyeuses » rire bien fort pour tout oublier et cacher leur misère, je les entends les plus modestes dans leurs appels au secours.

    Le viol fait parti de la vie de tous ceux qui ne mettent pas Dieu en priorité. Le viol, c’est la simple conséquence de l’idolâtrie ; le viol (et l’homosexualité n’est rien d’autre qu’un viol de l’amitié), c’est juste la conséquence d’une grosse abomination : celle qu’ont tous les croyants ou non croyants à ne pas avoir confiance en Dieu (soit ce que vous êtes en train de faire).

    Vous savez, quand on est honnête, on peut peut-être pratiquer l’homosexualité… Mais jamais sans culpabilité. Aussi saint qu’il puisse vouloir être, un homo qui pratique son homosexualité saura toujours qu’il y a une loi à l’intérieur, qui lui dira le contraire. La colère que beaucoup reporte sur les autres en les accusant d’homophobes, c’est simplement la leur envers leur propre conscience.

    Bien à vous !

    • jjdandrault dit :

      Bonjour,

      Tout d’abord merci infiniment pour votre commentaire/témoignage, ce n’est pas autrement que par le dialogue que nous pourrons faire avancer le schmilblick.

      Concernant le viol, ne serait-il pas au moins en partie une impression que l’on ressent, homo comme hétéro, lorsque la composante sexuelle et sensuelle d’une relation n’est pas parfaite, lorsque les deux personnes ont du mal à être vraiment respectueus l’un de l’autre ? Auquel cas tout le monde le vit car l’amour humain est imparfait, et ce n’est pas une fatalité, je pense.

      Concernant cet énorme malaise devant le fait de s’afficher, ne disparaîtrait-il pas tout ou en partie si vous étiez assurés d’être véritablement acceptés dans votre communauté chrétienne comme une personne comme les autres, avec la charité demandée par le CEC ?

      Bien évidemment, tout ceci ne sont que des questions. Je n’ai pas les réponses, et ne peux pas les trouver. Merci encore pour votre témoignage très enrichissant.

  2. Étienne dit :

    Une question délicate que je me pose souvent : je suis intimement convaincu que beaucoup de choix de vies ne peuvent pas rendre heureux (globalement conformément à l’enseignement de l’Église), pourtant j’ai beaucoup de mal à témoigner de ça avec mes amis assez proches (je finis en sourire crispé quand j’explique le «pas avant le mariage»).
    Je ne dois pas avoir le caractère pour simplement dire que je pense que c’est ce qui me rendra heureux. Dans le cas de connaissances homosexuelles c’est pareil, j’élude totalement ceci pour me concentrer sur le reste (qui est si vaste).

    Certainement car les choix de vie et la sexualité doivent être encore trop tabou, ou nous touchent si personnellement qu’on n’ose pas en parler.

    (désolé d’avoir quasiment changé de sujet par ce commentaire mais merci pour cet article ^^)

    • jjdandrault dit :

      Bonjour,
      En effet, même si vous semblez changer de sujet, vous pointez du doigt une raison supplémentaire pour laquelle il y a tant de difficultés et de blessures lorsque l’on aborde ces sujets … Comment être plus humain ?

  3. Marie dit :

    Gardons-nous de juger, de condamner…Certes. Et gardons-nous aussi de paver l’enfer de nos fausses bonnes intentions : je ne sais pas dans quelle proportion les homos souffrent du fait du rejet social de l’homosexualité et dans quelle proportion ils souffrent d’être homosexuels et qu’alors l’homosexualité est l’expression d’une souffrance antérieure. Je ne sais pas.
    Je sais que beaucoup de personnes homosexuelles ont de la haine les unes pour les autres, et/ou envers elles-mêmes. Je ne sais pas si c’est plus que les personnes hétérosexuelles.
    Mais je sais qu’à nier l’existence d’une souffrance (pour ne pas paraître homophobe), on finit par rendre l’expression de cette souffrance impossible et on place les homos dans une sorte de conflit de loyauté du style  » soit vous êtes homos et vous devez en être heureux », « soit vous en souffrez et, si ce n’est pas à cause de la société, alors c’est trahir la cause…taisez-vous ».
    Permettre que les choses se disent serait déjà un pas. Que la souffrance, quand il y en a, soit reconnue.
    Pour le reste, évidemment , nous avons à accueillir toutes les personnes. Et les enfants, quelle que soit la situation.
    Je reconnais que c’est un chemin. Là encore, nier les difficultés n’est pas sain et je préfère les aveux d’homophobie plutôt que les dénégations de certains bien-pensants qui font comme si de rien n’était. Or ce n’est pas rien. La sexualité, ce n’est jamais rien.

    • jjdandrault dit :

      Merci pour cette contribution !
      En effet, j’avais un peu l’intuition avoir omis quelque chose, mais vous avez mis le doigt dessus. Merci encore.

  4. Je copie-colle-édite ici un commentaire laissé sur le blog de @ln_martin

    C’est un très beau billet, qui fait chaud au coeur.
    Cela dit, même si je suis très touché que beaucoup parmi ceux qui, l’an dernier, ont battu le pavé contre la loi Taubira, remettent en question leur propre engagement et critiquent avec vigueur les dérives du mouvement, je constate qu’on évite encore soigneusement le fond du sujet : le CEC. Je conçois qu’on ne se sente pas de taille à aller contester, sabre au clair, des articles de catéchisme rédigés par des érudits et des savants. Ceci étant, quitte à éviter le débat strictement théologique et doctrinal, il faut quand-même mettre ce texte (et d’autres) dans l’équation pour comprendre d’où vient ce fichu ostracisme qui frappe les homosexuels dans les milieux catholiques.
    Petit exemple, tout trouvé puisqu’il est personnel :
    Mes parents sont très sévèrement déprimés par le fait que leur fils aîné (moi) préfère les mecs. Que j’aie fait (de mon plein gré) ma confirmation quelques années plus tôt ; que j’entende la messe plus souvent qu’eux (en moyenne) etc. ne les a pas un seul instant, semble-t-il, amenés à penser que ce que je ressens puisse être autre chose qu’une grave anomalie voire une dégoûtante perversion. Dieu merci, je fais partie des heureux qui n’ont pas été chassés de chez eux. Mais « il faut que tu changes » m’ont-ils plusieurs fois intimé quand, par miracle, nous avons réussi à en discuter sans que la conversation ne se transforme en violente boucherie verbale. Tout ceci à grand renfort de « tu es libre », parce que la liberté, ils y croient sincèrement. Depuis mon coming-out, force est de constater que nos relations sont devenues considérablement… volatiles ; sauf quand nous oublions le « problème » et basculons dans une sorte de schizophrénie où un sujet aussi énorme que la sensibilité amoureuse est catégoriquement exclu des conversations. Et encore, même quand le sujet est loin, dès que je m’avise de relativiser (pas beaucoup) les remarques scandalisées de mes parents sur Taubira, sur le Genre et même sur la vie privée de François Hollande, je sais que je peux m’attendre à de lourds sous-entendus sur ma complaisance (intéressée, dégénérée) envers les fossoyeurs de notre société…
    On peut bien attribuer cela à une éducation, à un conformisme social et à un manque d’habitude qui les font s’accrocher au « modèle classique », celui de l’amour homme-femme. Mais mes parents ne sont pas lâches, ni socialement, ni intellectuellement, et je ne crois pas que c’est ce qui les conduit, au fond, à refuser ce que je suis. Pour eux, l’homosexualité conduit purement et simplement au néant ; les relations amoureuses entre personnes de même sexe sont vouées à l’échec ; un tel « choix de vie » (terme polémique), c’est la promesse d’une vie malheureuse, esseulée et vide. Et tout ça vient du Catéchisme, de la doctrine de notre Église qui indique très clairement qu’un couple homosexuel ne porte en lui aucune fécondité, aucune authenticité, rien qui rapproche de Dieu. C’est de là, aussi, que viennent les sorties tonitruantes d’une Boutin citant le Lévitique, les propos blessants de ceux qui s’évertuent à parler de « paires de gays » plutôt que de couples et les subtiles remarques de ceux qui ne voient dans tout ça qu’un prétexte à de bonnes parties de baise.
    Toute cette séance de déballage pour dire que, malheureusement, le rejet des homosexuels par certains catholiques ne procède pas uniquement d’une mauvaise compréhension du Catéchisme… J’aurais même tendance à dire que c’est le contraire. Mais j’ai des tendances bizarres, alors…^^

  5. Mya dit :

    Pourquoi l’homosexualité ne serait-elle pas naturelle ? Parce que dans la nature, beaucoup animaux peuvent et ont des » relations » homosexuelles. Or si les animaux ne sont pas naturels que sont-ils ? Votre postulat pour moi est faux, il faut se rendre à l’évidence nous n’arrivons pas à démêler le naturel du culturel, la nature étant variée !

  6. Jeff dit :

    Merci beaucoup pour cet article qui permet encore la réflexion sur ce thème si délicat. Ce qui me choque, si je puis me permettre, c’est qu’en tant que chrétien vous semblez envisager le mariage et la notion de couple pour des homosexuels chrétiens. Hors ceci est absolument contraire à la notion chrétienne de mariage dont l’ouverture à la vie est l’un des piliers. Au risque de vous surprendre, deux personnes homosexuelles ne peuvent donner la vie! C’est donc absolument contradictoire de penser en tant que chrétien à un couple homosexuel. La personne homosexuelle peut elle être respectée, accompagnée et intégrée dans la communauté chrétienne, mais pas un couple. Si un homosexuel veut respecter une foi chrétienne, il doit renoncer au couple justement! La banalisation de cette forme de couple peut tuer notre société. Arrêtons de vouloir sans cesse faire comme tout le monde!

  7. Bernie dit :

    J’ai déjà lu ces positions ailleurs, positions qui me semblent tellement idéalistes qu’elle ne peuvent susciter l’adhésion des croyants et en particulier des jeunes générations pour qui le mariage homo est inconciliable avec l’enseignement de l’Eglise.

    Vous faites erreur en vous bornant à qualifier la pensée de Philippe Arino de « aberrant et extrêmement blessant pour les personnes homosexuelles », opinion commune du lobby gay, sans aller plus dans les détails car il n’y a pas que le viol. En vous limitant à ces quelques mots, la crédibilité de vos propos ne peut être acquises que vis-à-vis à des personnes favorables au lobby gay. Et c’est encore une erreur de parler de « cette partie des représentants de l’Eglise – laïcs comme religieux – qui suit la position de Philippe Ariño » car ils n’ont pas eu besoin de lui pour développer un discours sur le sujet.

    De plus, vous vous considérez capable de parler des personnes homosexuelles en général en relayant les positions du lobby gay, qui ne peut prétendre relayer l’opinion de toutes ces personnes. Il y en a qui pensent différemment et qui se trouvent fort bien dans cet état des choses au sein de l’église catholique.

    Il y a aussi cette citation de Jean-Paul II, trop courte pour être crédible et sortie de son contexte: il a écrit cela en 1991 donc bien avant que la question homosexuelle soit en débat et uniquement pour parler du libéralisme et du socialisme et arrêter par là, la doctrine de la « Troisième Voie ».

    Ensuite, l’opposition entre « un couple homosexuel cherchant la stabilité et la fidélité dans le mariage à un couple hétéro infidèle » relève d’une interprétation erronée de l’enseignement de l’Eglise: le « couple homosexuel » (je reprend votre expression) se bâtit sur un péché, donc du sable en fait, tandis que le « couple hétéro », à supposer qu’il soit fondé sur un mariage religieux vu qu’on est dans un contexte catho » est fondé sur du roc et dont il est possible d’espérer une réconciliation.

    Il n’y a donc pas à tergiverser entre une construction viciée et une construction solide dans ses fondements. Maintenant prenons le cas d’absence totale de tout lien consacré par un passage chez le maire ou à l’église, on ne parlerait même pas de construction car dans la vision de l’Eglise une union ne doit se faire que dans l’objectif du mariage et de la famille.

    Après cela vous nous parlez d’homophobie? Encore un mot fourre-tout. Parle-t-on de l’injure et des coups portés aux personnes homosexuelles parce qu’elles ont un désir homo ou de la résistance intellectuelle aux revendications du lobby gay?

    Votre compréhension du commandement divin dans cette phrase: « Haïr et mépriser son prochain pour une chose qu’il n’a pas choisie, n’est-ce pas la pire des injustices ? N’est-ce pas opposé en tout point au commandement du Christ « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé » ? » est tout aussi erronée. Dans l’Eglise catholique, l’amour du prochain ne peut être exercée que parce qu’on aime Dieu et toutes les actions de charité doivent être faite sous ce regard.

    Dans le même sens, je ne crois pas crédible de demander à des non-croyants qui refusent de se convertir: « à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie », vu qu’ils ne veulent pas le connaître. Par conséquent la citation de nouveau sortie de son contexte devient parfaitement inutile puisqu’elle ne peut pas s’appliquer à des personnes qui ne recherchent pas le Seigneur, au sens donné par l’Eglise catholique. Ce serait un peu comme si l’on considérait un musulman comme étant un catholique accompli.

    Ensuite, vous vous intéressez aux « pistes pour progresser vers le chemin de la sainteté » en vous demandant si les personnes homosexuelles ont un « chemin particulier » à suivre. Et vous ne relevez à leur intention que ceci: » En effet, demander à ces personnes de vivre dans l’abstinence sans leur donner une direction, un chemin pour progresser si elles le souhaitent vers cet objectif de sainteté, c’est un peu rude ».

    D’abord, je crois que beaucoup s’y retrouvent, notamment un certain écrivain bien cité ici. Ensuite, il faut comprendre que l’enseignement de l’Eglise et les chemins enseignés par elle vers la sainteté s’adressent à tout le monde, peu importe leur condition.

    Quand vous dites: « D’ailleurs, ce qui est demandé aux personnes homosexuelles est identique à ce qui est requis chez les divorcés », les personnes homosexuelles peuvent très bien construire leur vie autrement en se consacrant à Dieu tandis que les divorcés sont déjà engagés dans une vie de famille.

    Enfin vous voyez dans « ces stigmatisations et de ces préjugés » les principales souffrances de ces personnes plutôt que celles engendrées par leur propre état de vie, comme le montre bien Philippe Arino dans son code: cercueil de cristal ».

    Cet article truffé d’erreurs d’interprétation, de citations trop courte et sorties de leur contexte se voulait montrer une porte ouverte de l’Eglise pour les personnes homosexuelles pratiquantes vivant une vie de couple et aspirant à vivre à l’égal d’une famille normale. J’en ai montré ici les erreurs qui montrent que si les « couples homosexuels » devaient être acceptés dans l’Eglise, ce serait au prix d’une transformation totale de son enseignement.

    • Le Pyrénéen dit :

      J’arrive des années après la discussion mais la réponse que vous avez faite, « Bernie », est juste, pondérée et argumentée. Quel dommage que seul le silence vous ait été proposé comme réponse 😦 😦

  8. John dit :

    L’homosexualité est naturelle mais marginale chez la plupart des primates (et des autres mammifères) http://link.springer.com/article/10.1007/BF02735477 avec des degrés d’appréciations variés (jeux d’ado, soumission etc. http://www.anthroserbia.org/Content/PDF/Articles/cvorovic_nonhuman_primates_sexual_behaviour.pdf ).
    Nous sommes des primates, l’homosexualité est marginale mais normale/naturelle, de même que la mono-gamie est plutôt la norme mais pas obligatoire.
    Il est dommage que des choses évidentes, du simple constat, donnent lieu à tant de polémiques basées sur de la morale de ce que la nature a fait. Si certains trouvent la nature immorale alors c’est que le dieu qui l’a créé n’est pas leur dieu : ils n’en partagent pas la morale.

    • Luc dit :

      Vous méconnaissez ce que veut dire « loi naturelle ». Lisez les philosophes, en premier lieu le Docteur Angélique.

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