T’as messe ce soir ?

« T’as messe ce soir ? » Me textotait un ami un dimanche. Certains auront tout de suite vu l’erreur : on dit aller à la messe, pas avoir messe. Une formulation bien étrange comparée à avoir badminton, regarder un film, ou aller au cours de danse. Mais une formulation pourtant lourde de sens.

En effet, on dit toujours, peu importe où, peu importe quand, qu’on va à la messe comme s’il n’y en avait qu’une seule. Où est le problème ?

messe

Lire la suite

Infinite

Il y a des jours où tout va mal. Des jours où tout fout le camp, où l’on a envie de se pendre avec sa cravate. On broie du noir, on s’accroche à sa couette, et on passe en mode Caliméro. La vie continue bien malgré nous, et l’on marche à reculons. On en veut à la terre entière. Notre prière n’est plus qu’une longue plainte, on supplie le Christ de nous aider, en espérant que tous nos problèmes disparaissent comme par magie.

Et puis tout à coup, l’on se retrouve en face de ça :

Alors nos yeux s’éclairent : L’infini. Voici la réponse de Dieu à nos petits soucis. Tout prend sens. Le brouillard se dissipe. Vient une sensation profonde de bien-être, peut-être même de bonheur. Voilà ce que tu m’offres chaque jour, Seigneur. Et moi qui ose m’accrocher à mes petits problèmes ! Lire la suite

La parole permet-elle de communiquer ?

IMG_8664

En quittant la prépa en cette fin d’année scolaire, je dis adieu à un certain nombre de choses, y compris à la traditionnelle dissertation tripartite à la française. Cette année, le thème du cours de Français-Philosophie était pour tous les élèves de prépa scientifique La Parole. Cette problématique n’étant pas du tout évidente au premier abord, contrairement aux thèmes des années précédentes (Le Mal et La Justice), dont tout le monde peut dire quelque chose sans avoir suivi le moindre cours sur le sujet. En cela, cette thématique était assez intéressante. Je vous transmets donc mon dernier devoir à la maison, fruit d’un assez long travail je dois dire, qui peut forger un aperçu de la thématique tout en donnant une idée des contraintes assez particulières de l’exercice demandé en classe préparatoires, respectées scrupuleusement ici. Ce dernier se fait presque obligatoirement en trois parties, et s’appuie essentiellement sur trois œuvres fixées par le programme, auxquelles il faut faire référence dans chaque sous-partie. Cette copie n’est pas un exemple à suivre – bien que j’aie eu une bonne note, sinon je n’aurais pas osé vous la montrer –, encore moins un corrigé, mais peut vous donner une idée. Voici le texte retranscrit tel quel – j’ai simplement mis en évidences les différentes parties pour faciliter la lecture. Lire la suite

La vie, la mort, la Vie

deuil

Souvent dans une vie, nous sommes confrontés à l’épreuve de la mort. Un ancien qui s’en va, parfois aussi un jeune qui part trop tôt. Il est souvent difficile de trouver les mots, et même de concevoir la réalité de cette perte. Cette mort qui fait partie de la vie ne se laisse pas atteindre par les capacités cognitives de notre cerveau. Il y a une part d’ineffable, d’incompréhensible, d’innommable. Et la plupart des questions restent et resteront éternellement sans réponse.

Pourquoi pars-tu ? Pourquoi m’abandonnes-tu ? Pourquoi maintenant ? Et puis surtout, qu’est-ce que la mort ? Est-ce l’absence de vie ? Comment la vie, qui était inhérente à ton corps, peut-elle d’un coup s’évanouir ? Te quitter ? Mais qu’est ce qui te maintenait en vie pour d’un coup s’en aller ? Qu’est-ce que la vie, finalement ? Lire la suite

Le Cercle des poètes disparus, ou l’utopie d’une éducation

IMG_7794

J’ai vu récemment le film Le Cercle des poètes disparus (Dead Poets Society), de Peter Weir avec Robin Williams, sorti en 1989. Un drame américain comme on savait encore en faire.

Dans un collège américain dénommé Welton dont l’excellence est aussi marquée que l’austère discipline, les élèves se comportent comme de faux résistants, se bornant à construire des postes de radio ou à fumer en cachette. Le film se focalise sur une bande de garçons constitués principalement de Neil Perry, élève brillant, destiné à une grande carrière par son père qui se saigne pour lui permettre d’étudier dans cet établissement prestigieux, qui aspire cependant à autre chose, et de Todd Anderson, petit nouveau à la timidité maladive, arrivant là dans l’ombre de son frère, ancien élève ayant fait la gloire de l’école.

Ces élèves sont résignés à passer leur scolarité à apprendre bêtement ce qu’on leur assène. Mais l’arrivée d’un nouveau prof de poésie anglaise va révolutionner leur vie. Cette matière est pour eux la seule discipline non scientifique qu’ils étudient, et ils la voient comme un autre ensemble de connaissances à apprendre par cœur. Mais le professeur John Keating ne voit pas l’enseignement de cet œil et encourage ses élèves à avoir une approche sensible de la poésie, à la laisser insuffler un souffle de vie dans leur existence, par la maxime latine « Carpe diem ». Lire la suite

Avoir des valeurs

Cette vidéo est profondément ridicule. Ne la regardez surtout pas.

Attention : A ne pas laisser à portée des enfants. Et des autres non plus, en fait.

Quoi ? Vous m’avez désobéi ? Je pense que vous le regrettez très sincèrement et que vous vous en mordez les doigts, mais vous ne pouvez pas dire que je ne vous avais pas prévenu. En plus, vous allez l’avoir dans la tête pendant deux jours, ça vous apprendra ! So … What’s wrong ? Rien. Enfin, si, parce que le monde entier se fout de sa gueule, à Philippe Ariño. Et parce qu’en plus, il est content. Parce que oui, c’est lamentablement cucu-la-praline. Parce que oui, vous avez envie de tirer une balle sur quelqu’un qui donne une telle image des cathos.

Car ce clip s’adresse aux jeunes cathos bien comme il faut. Et ce fut une énorme erreur de la part d’Ariño de croire que ce clip était destiné à faire le buzz, à être vu par des non-croyants, qui ne peuvent qu’y voir de quoi les conforter dans leur préjugés que les cathos sont complètement à côté de la plaque. Finalement, dans le style auto-dérision, je préfère largement cette vidéo-là, au ridicule assumé, qui n’a pas cherché à se diffuser auprès du grand public. Lire la suite