Amalgames.

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La tragédie qui a frappé la rédaction de Charlie Hebdo ainsi que ceux qui la protégeaient est innommable. Je serais incapable de trouver des mots pour en parler.

Ce dont je crois devoir parler, en revanche, c’est du traitement de cet événement dans le monde politique, les média et les réseaux sociaux.

Tout à l’heure, je me suis rendu à la minute de silence avec les élèves de mon École. Le Président, lors de son petit discours, nous a mis en garde contre les amalgames.

Évidemment. Il fallait s’y attendre. Mais quelle plus grosse insulte à nos amis musulmans !

Appeler à ne pas faire d’amalgame, c’est absurde, ça laisse penser qu’il y a bien un truc avec lequel on n’est pas à l’aise. Cela signifie en fait « On sait tous que c’est la faute des musulmans, mais faut pas le dire ». Pas d’amalgame, cela veut aussi dire « ne dites pas qu’ils sont musulmans ». Ils sont musulmans. Extrémistes. Et ce n’est pas un détail. Lire la suite

Tous les mêmes

20140325-235022.jpg Je ne vais pas retracer tous les événements récents concernant les élections municipales, vous les connaissez. Mais certains points m’énervent, me révoltent, me désespèrent, et je voudrais y revenir.

Primo, la montée du FN, décrite comme LA grande peur, comme le retour du nazisme et du totalitarisme. Ceci n’est évidemment qu’une manœuvre politique pour ne pas voir la vérité en face et ne pas être obligé d’avouer que le gouvernement est incompétent tandis que l’UMP se désagrège en un amas informe de magouilles et de conflits d’intérêts internes. Lire la suite

Bref, c’est la merde.

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François Hollande n’en peut plus. Trop critiqué pour ses revirements et ses prises de parole télévisées intempestives, il a préféré jeter aux lions celui qui n’est finalement pas plus visible que François Fillon en son temps : Jean-Marc Ayrault. Le premier ministre vient en effet d’annoncer la suspension de l’écotaxe sur les poids-lourds sur l’ensemble du territoire en cédant aux pressions des paysans bretons. Je ne m’étendrai pas sur cette mesure prise par le Grenelle de l’Environnement sous le gouvernement Sarkozy, ni même sur ces revirements, renoncements et disputes interministérielles qui achèvent la crédibilité du président et de son gouvernement digne de l’Equipe de France de la coupe du Monde 2010. Cela va sans dire, en témoigne cet article dont le titre sonne comme un couperet de guillotine : François Hollande pulvérise le record d’impopularité de la Ve République. Au gouvernement, on doit se dire « Bref, c’est la merde. ». En tout cas, c’est ce que se disent une bonne partie des français. Lire la suite

Une nouvelle dictature

J’aime à utiliser les réflexions livrées par deux utopies que sont les romans 1984 de George Orwell et Brave New World d’Aldous Huxley. Dans un style accessible à tous, ils tissent avec une étonnante clairvoyance encore plus pertinente aujourd’hui deux des futurs possibles et même probables de notre humanité.

Celle de ces deux réflexions que je souhaite utiliser aujourd’hui est celle d’Orwell, et plus particulièrement son développement intellectuel autour du novlangue, cette langue modernisée, et finalement ce moyen de contrôle de la société.

Le novlangue

Le gouvernement fasciste de cette société cherchant à contrôler par tous les moyens possibles ses citoyens, il façonne une langue officielle, le novlangue, ou Newspeak en anglais, consistant en :

  1. Une simplification drastique de la grammaire et du vocabulaire
  2. Une suppression de tous les mots potentiellement hostiles au régime
  3. Une suppression de tous les mots à connotation négative, qui seront décrits à l’aide d’un préfixe in-, par exemple : En Bretagne, il fait in-beau

Ces modifications sont propices à un lavage du cerveau auto-entretenu, permettant de supprimer toute pensée sortant du cadre de la servitude et de l’adhérence aveugle aux idées du régime. Orwell montre de fait l’influence de la langue sur les idées. Une langue riche sera propice à la pensée, et la perte de cette richesse asservira la raison de l’homme.

Le raisonnement d’Orwell, dans le contexte des grandes idéologies du XXe siècle, propose un totalitarisme imposé par la force. Cela n’a plus grand risque d’arriver aujourd’hui, malgré ce qu’en disent les allemands. En revanche, la propagation sous-jacente de règles restrictives transformant la scène politique en un concours de marcher sur des œufs serait parfaitement possible … Lire la suite